Formation de 500 enfants en milieux défavorisés

Céline Coyac outille les professeurs de danse


Dans le cadre du projet « Création, Aménagement-Réaménag¬ement¬ et Dynamisation de deux Centres Chorégraphiques à Cotonou et Abomey-Calavi » financé par le Repasoc et le Mtca via le Fac, Céline Coyac, chorégraphe française et professeur de danse, donne une formation à une dizaine de professeurs de danse du centre chorégraphique Multicorps, à Cotonou. Cette formation qui a commencé, ce jeudi 20 février 2020, dans les locaux du Centre chorégraphique Multicorps se déroulera pendant deux semaines et se déploiera également à Walô Dance Center d’Abomey-Calavi.

« Pour cette formation, je veux donner à ces danseurs les bases de la danse, les notions fondamentales. Je leur donne des clefs et je leur montre comment les choses fonctionnent en matière d’apprentissage de la danse aux enfants », a confié Céline Coyac. Selon elle, la méthodologie est essentielle en matière d’apprentissage de la danse. Il est important d’avoir les outils nécessaires afin de s’en sortir comme cela se doit. Pour cela, la recherche en permanence et un esprit d’ouverture sont des contours fondamentaux dont doit disposer chaque danseur. « Ce que je leur donne, pendant cette formation, ce sont des principes généraux dont les danseurs issus de différentes bases, peuvent se servir. Ces notions peuvent leur ouvrir des portes et ils pourront continuer leur recherche selon leur spécificité », a-t-elle clarifié. Au cours de sa formation professionnelle, Céline Coyac a étudié la psychologie de l’enfant. Elle est donc capable de savoir ce qu’il faut faire ou ne pas faire à un enfant. Cela fait d’elle une personne incontournable et mieux choisie dans le cadre de ce projet. Ce renforcement de capacité des formateurs vient approfondir la pratique artistique au profit de 500 enfants issus de milieux défavorisés. Un projet soutenu par l’UE (Repasoc) et le Ministère du Tourisme de la Culture et des Arts à travers le Fonds des Arts et de la Culture.
À l’école de Rachelle Agbossou et de Richard Adossou


Cette formation est aussi animée par Rachelle Agbossou et Richard Adossou. Elle va se poursuivre aussi bien au centre chorégraphique Multicorps de Cotonou qu’à Walô Dance Center d’Abomey-Calavi. Rachelle Agbossou insiste sur une technique d’approche pédagogique qu’elle a apprise de la fondation Grand Cru adapté aux enfants. Il s’agit des jeux de danse qui permettent de faire travailler l’enfant dans l’amusement.
Dans le rang des participants, cette formation a apporté beaucoup de choses. Il s’agit des notions de bases de la danse. « Cette formation me donne beaucoup de choses que j’ignorais. Je ne connaissais pas les parties anatomiques de notre corps. Aujourd’hui, je maîtrise cela et je peux être en mesure d’apprendre les mouvements de corps aux enfants », a expliqué Christal Dossougouin, professeur de danse afro-contemporaine à la Cie Multicorps. De son côté, Doegam Atrokpo, de la compagnie Wâlo, trouve pertinente cette formation. « Avec ce que je viens de recevoir, ce matin, je peux travailler plus, chercher, créer et aller loin et mieux gérer l’espace scénique », a-t-il précisé.
Pour la mise en œuvre de ce projet, des écoles ont été ciblées dans les deux communes concernées. Il s’agit de l’école primaire de Zoka, la Béninoise, Nelson Mandela à Abomey-Calavi. Les écoles primaires Gbéto, Dantokpa, et International model shcool, une école bilingue, sont aussi ciblées dans la ville de Cotonou. Les 500 enfants et plus ont été sélectionnés dans ces différentes écoles. Certains ont été sélectionnés pendant la période des vacances et d’autres en début d’année. « Les 500 enfants sont déjà identifiés et le travail a déjà commencé sur le terrain depuis juin 2019. Les activités du Repasoc ont commencé avec un stage de vacance », a souligné Rachelle Agbossou.

Par Julien Tohoundjo

Présentation de la pièce de danse « Au-delà d’une apparence »

Roger Sarr et sa passion pour la danse

Après plusieurs semaines en résidences de création au Bénin et dans la sous-région, Roger Sarr, danseur professionnel sénégalais, a présenté, pour la première fois, sa pièce solo Au-delà d’une apparence. La prestation a eu lieu, vendredi 14 février 2020, dans la grande salle du Centre chorégraphique “MultiCorps” et a été suivie d’un échange avec le public.

Au-delà d’une apparence. Tel est l’intitulé de la pièce de danse créée par Roger Sarr. Cette expression semble banale, mais signifie beaucoup de choses. A travers cette pièce, le danseur a voulu montrer l’importance de l’expression par le corps. Pendant 25 minutes environ, il a communiqué avec le public par le biais de son corps. Des mouvements, des gestes, etc. « C’est une pièce qui questionne notre culture, la façon dont les Africains voient les choses ou le destin préétabli dans nos sociétés. Cette pièce questionne aussi ma culture, parce que c’est là que j’ai pris l’engagement de décider de ma vie. C’est aussi là que je suis libre, autoritaire et un danseur africain noir indépendant », a confié Roger Sarr. En effet, il est important que nous puissions cesser de croire au destin préétabli de l’homme. C’est un fait qui, selon lui, empêche plusieurs personnes d’affronter la réalité. Le danseur invite donc les parents à s’adapter à la réalité actuelle afin de permettre aux jeunes et enfants de s’exprimer, d’être libre. « Au-delà d’une apparence parle de moi. Cette pièce parle de mon vécu, et j’essaie de montrer tout ce dont j’ai envie de faire, de même ce que je veux apporter à la danse », a-t-il précisé avant d’ajouter : « La finalité est de faire comprendre aux gens que la danse n’est pas limitée. Elle est beaucoup plus libre, large et variée. Je veux que les gens comprennent que nous sommes tous libres et créateurs. Il faut qu’ils sachent que nous pouvons nous exprimer comme nous voulons et de la manière dont nous pouvons ».
En effet, l’inspiration de cette pièce lui est venue de plusieurs vécus. Tant dans au quotidien qu’avec les personnes de son milieu. « Dans ma vie, j’ai eu plusieurs déceptions avec des personnes que j’ai vraiment appréciées dans ce milieu. Ce sont des personnes qui m’ont toujours dit “qu’il faut avoir une base de danse traditionnelle pour être quelqu’un dans ce milieu”. Pour moi, cela n’a rien à avoir et je ne suis pas d’accord sur ce point de vue. Ce solo montre que nous sommes libres de toucher là où nous voulons et de faire ce que l’on veut », a expliqué Roger Sarr.
Esprit d’ouverture
Roger Sarr a su tout donner pendant sa prestation afin de permettre au public de comprendre son message. Les applaudissements du public, au terme de sa présentation, prouvent que le message est accepté et apprécié par le public. « C’est ma première fois d’assister à un spectacle de danse contemporaine. Je voulais voir la différence qu’il y a entre la danse classique et contemporaine. J’ai bien apprécié la chorégraphie. A partir de ce soir, je sais désormais comment les choses se passent », a précisé Bassirou Ndaw, sénégalais vivant au Bénin. La pièce solo de Roger Sarr a permis au public de voir loin et même si d’autres sont attentionnés aux mouvements du danseur, d’autres ne négligent pas la musique de la chorégraphie. « Au cours de la présentation, j’ai remarqué qu’il y a un mixte entre la danse traditionnelle et la danse moderne. La musique qui accompagnait la chorégraphie m’a aussi intrigué », a fait remarquer Bassirou Ndaw, avant d’ajouter : « Ce que je perçois comme message est qu’il faut avoir l’esprit d’ouverture et ne pas se fermer sur soi. Il est important de s’ouvrir aux autres et cela peut permettre de se faire sa propre identité ».
Avec la pièce Au-delà d’une apparence, Roger Sarr sera présent à la biennale du Marrakech, au Maroc. Cette participation va permettre au danseur de livrer son message à d’autres peuples aussi.

Par Julien Tohoundjo

Concert à l’Institut français de Cotonou ce samedi

L’Afrique au rythme des instruments du collectif musical “Batàkora”

Dans le cadre de son programme culturel, l’Institut français de Cotonou accueille sur scène le collectif musical Batàkora. Ce collectif est né grâce à une résidence artistique portée par l’Institut français. Cette fusion donne une nouvelle identité musicale qui, sans nul doute, traversera les frontières et contribuera à regarder l’Afrique autrement. La légende de la kora, griot mandingue, Ablaye Cissoko, est à l’initiative de cette rencontre musicale et culturelle inédite de deux grandes cultures ouest africaine. Il s’agit de la culture yoruba du Bénin avec ses tambours batà et gangan (dun-dun) ainsi que celle mandingue avec la kora et le balafon, fusionnant dans un univers résolument jazz. Ablaye Cissoko s’est produit avec des artistes internationaux, tels que Randy Weston, Omar Pene, Habib Faye, François Jeanneau … et a souhaité, lors d’un précédent séjour au Bénin, développer une collaboration musicale avec l’artiste béninois d’origine yoruba Jah Baba et ses musiciens.
Dans la soirée du samedi 22 février 2020 à partir de 20 heures 30 minutes, le public va découvrir la création issue de cette résidence artistique.

Par Julien Tohoundjo

Atelier de dessin pour les enfants à l’Institut français de Cotonou

La présélection dès samedi prochain


Le dessin est un langage universel que plusieurs personnes comprennent. Beaucoup ont compris et s’expriment à travers ce canal. De nos jours, beaucoup d’enfants s’intéressent à ce médium par distraction, par curiosité ou encore dans le but de s’exprimer. En effet, l’Institut français et l’association As-Benin, initiateur du festival de dessins « Vootoon », en partenariat avec l’association française « Nord- Sud Pictures », organisent un atelier de dessins sur le thème : « Ta ville du futur ». L’objectif de cet atelier est de permettre aux enfants de 13 à 15 ans de créer une bande dessinée personnelle. L’inscription à cet atelier de formation se poursuit et se fait à l’accueil dudit Institut. Par ailleurs, la présélection est prévue pour se dérouler, samedi 22 février, à la médiathèque de l’Institut français.
Il faut souligner que 10 candidats seront admis à l’atelier du 25 au 29 février 2020. Les parents peuvent permettre à leurs enfants de pouvoir mieux s’exprimer à travers cet atelier de formation en les inscrivant avant la date de la présélection.

Par Julien Tohoundjo

Echanges et discussion dans la maison “Gallery Charly”

Charly d’Almeida sur les traces de l’art de la récupération

Charly d’Almeida, artiste plasticien béninois, était face à la presse, jeudi 13 février 2020, pour présenter son exposition d’œuvre qui est en cours dans la maison “Gallery Charly”, à Cotonou. Au cours de cette rencontre, l’artiste a été accompagné par Steven Adjai et l’on note aussi la participation des étudiants en histoire de l’art, des artistes plasticiens, des hommes de médias et des amoureux de l’art.

« Je suis parti des fers qui sont issus de la destruction de maison grâce au projet d’asphaltage. Nous sommes partis de ces métaux pour les constructions qui pouvaient même redonner l’équilibre à l’être humain », a confié Charly d’Almeida. En effet, l’artiste est marqué par la culture africaine à laquelle il est attaché et dont il cherche encore à traduire les signes régis par le vodun. Charly d’Almeida fait partie de la génération d’artistes qui a ouvert la voie de l’art contemporain au Bénin. Ses œuvres sont à l’image de la démarche humaniste. Son travail est ouvert sur le monde et ses problématiques actuelles sont axées sur des questions autant sociales que politiques ou environnementales. Aujourd’hui, le métal de récupération est le moyen d’expression de l’artiste. Des objets périssables et périmés, rebuts de notre société de consommation, il tire des sculptures intemporelles et destinées à défier le temps.
Au cours de la rencontre avec la presse, l’artiste a présenté son exposition temporaire “Quand les lignes et les formes se meuvent”, qui est en cours. C’est une exposition qui se veut une relecture de l’une des créations phares de l’époque contemporaine. Cette exposition entend matérialiser le désir de l’artiste afin qu’il laisse court à sa création et de ne plus conduire que sur les thématiques ayant trait à l’humanisme. Cette collection entend entreprendre sur les questions liées à la construction humaine. Une vingtaine d’œuvres sont en exposition et répartir sur 2 espaces. Au niveau du premier espace, les œuvres de sculpture sont de type mural et à socle. L’éclosion, La vibration, L’équilibre et autres, sont les thèmes développés au niveau de cette section.
Au niveau de la seconde section, l’on trouve des tableaux et des sculptures murales. « Ces tableaux sont différents des autres que réalisent l’artiste. C’est-à-dire que les œuvres sont réalisées avec de la peinture et l’on ne trouve pas des matières collées », a détaillé Steven Adjai, critique d’art. Ces œuvres abordent des thématiques comme “Les alignements”, “Les croisements” et aussi une série d’œuvres qui va dans le même sens. Les matériaux utilisés pour ces œuvres sont issus de l’art de la récupération. L’artiste a expliqué, lors de cette rencontre, les thématiques ayant rapport avec les œuvres en exposition. Ladite exposition, commencé depuis le 18 décembre 2019, se poursuit jusqu’au 21 mars 2020.

Par Julien Tohoundjo

Exposition à l’espace artistique « Le Centre »

Joannès Mawuna, Richard Di Rosa et Eric Mededa à l’honneur

L’espace artistique « Le Centre » abrite, du 8 février au 9 mai 2020, une exposition d’œuvres artistiques et de l’esprit qui a rassemblé, vendredi 7 février 2020, les passionnées de l’art autour des œuvres photographiques de Joannès Mawuna, de sculpture de Richard Di Rosa et des œuvres de l’esprit d’Eric Mededa.


« Cet homme là-bas dit que les femmes ont besoin d’être aidées pour monter en voiture et qu’on doit les porter pour passer les fossés et qu’elles doivent avoir les meilleures places partout. Et ne suis-je pas une femme ? Regardez-moi ! Regardez mon bras ! J’ai labouré, planté et rempli des granges et qu’un homme ne pouvait me devancer ! Et ne suis-je pas une femme ? Je pouvais travailler autant qu’un homme (lorsque je trouvais du travail) ainsi que supporter tout autant le fouet ! Et ne suis-je pas une femme ?», ainsi s’interrogeait Sojourner Truth, abolitionniste et féministe noire américaine, lors de son discours prononcé en 1851 à la women’s convention de Akron (Ohio, USA)
Dans la même logique, Joannès Mawuna originaire du mono, s’opposant à une vision univoque de la féminité, présente une série de dix photographies de femmes occupant des métiers dits « métiers d’homme ». A travers cette série, il souligne la répartition inégale des activités et responsabilités entre les sexes au sein du milieu professionnel. L’artiste met en lumière les frontières porteuses de la notion de féminité, se soustrayant du rôle qu’on pourrait vouloir les enfermer, les femmes mises en lumière par Joannès Mawuna se distinguent par leur capacité à pénétrer de nouveaux espaces et à outrepasser les frontières des genres.
De son côté, l’artiste français Richard Di Rosa, sculpteur. Il fut l’un des principaux artisans du mouvement français de la figuration libre, renouveau de la peinture dans les années 1980, une peinture décompressé, empruntant souvent à la BD, au rock et au graffiti. Il est le seul membre à avoir choisi la sculpture comme médium. Les cultures africaines, la musique et les animaux sont autant de termes d’inspiration pour l’artiste Richard Di Rosa. Il a présenté quatre œuvres inspirées de la culture béninoise, Echelle de Buddy ; une œuvre mixte en bois, ciment, métal et peinture en hommage à l’artiste Niko dont il occupe désormais l’atelier à Paris. Le français a présenté la marmité à l’aide d’une technique mixte grâce à l’aluminium et du bois. La marmite est omniprésente dans la société béninoise et communément associée à la femme. Toujours dans le même sens, il a présenté au public une œuvre en réflexion sur l’évolution du statut de la marmite dans cette même société en dialogue avec l’œuvre de son confrère Joannès Mawuna « ne suis-je pas une femme »?
Les jumeaux qui occupent une place importante dans la croyance des populations béninoises furent aussi l’objet d’œuvres artistiques présentées par le sculpteur français.
S’inspirant des dieux de l’Afrique, plus précisément le dieu tonnerre appelé Hêviosso dans la culture béninoise, il a exposé au petit Musée de la Récade, à l’espace artistique Le Centre, une œuvre pour compléter la collection artistique du musée.
Contrairement aux deux autres artistes, Eric Mededa, Béninois du Littoral, parle de la mélodie céleste. Une œuvre vidéo qui s’intéresse aux rapports des forces de nos sociétés contemporaines à travers la mise en relation d’images et de sons. Il met en exergue la normalisation de la violence au quotidien. Vivre et ou mourir ensemble. Tel est en filigrane l’un des questionnements de l’artiste.
L’expansion de l’œuvre artistique au Bénin est de plus en plus une réalité indéniable. La créativité de ces trois artisans constitue un apport non négligeable pour l’émergence du tourisme béninois.

Par Faridatou Egoundjobi

Cinéma béninois

Entre passion et amour, bientôt dans les salles de cinéma

Les couples vivent plusieurs réalités, mais ne savent pas contrôler leur tempérament afin de surmonter ces difficultés. Dans le but de servir de guide pour ces couples, Belmadi Oba, auteur et réalisateur béninois lance son nouveau film, long métrage, joué par une vingtaine d’acteurs.

L’amour est un sentiment qui réunit deux êtres de deux régions, deux cultures, deux horizons différents. Grâce à ce sentiment, l’être concrétise son bonheur et son devenir. Avec le temps, cette relation devient fragile suite à une négligence des partenaires ou elle est vouée à l’échec. Au vu de ces réalités, Belmadi Oba a réalisé un long métrage intitulé Entre passion et amour. A travers ce film, Belmadi Oba entend servir de guide à tous les couples, les foyers en difficulté. Il s’agit, pour ce film, de l’histoire du couple de Belmadi et Miranda. Belmadi, un jeune fonctionnaire vivant avec sa femme Miranda, manque d’attention à cette dernière. Après les multiples plaintes de Miranda sans solution, elle décide e renverser les vapeurs. A cet effet, Belmadi se lance dans l’aventure de la reconquérir, mais va-t-il pouvoir y arriver ?
Ce long métrage de deux heures interroge les cinéphiles sur la vie de couple. Cela est toujours difficile malgré nos meilleures intentions parce que nous sommes tous humains, et chaque être humain est imparfait. Nos défauts ne favorisent donc pas nos relations. Cependant nous pouvons apprendre à surmonter nos attitudes négatives pour avoir un foyer plus fort et imperméable à tous conflits.

Belmadi Oba, auteur et réalisateur béninois

Le film Entre Passion et Amour expose plusieurs principes essentiels pour l’épanouissement des relations amoureuses.
Pour la réalisation de ce film, une vingtaine d’acteurs ont apporté, chacun, son expertise et sa compétence. Nadjibath Ibrahim et Belmadi Oba sont les acteurs principaux de ce chef-d’œuvre.

Par Julien Tohoundjo

Fonctionnement du Fonds des Arts et de la Culture

« Nous allons tenir compte des imperfections afin de nous corriger », dixit Gilbert Dèhou Malè

Gilbert Dèhou Malè, directeur du Fonds des Arts et de la Culture (Fac), a été reçu, mercredi 5 février 2020, sur l’émission hebdomadaire “Sociétal” animée par Happy Goudou. Au cours de ladite émission, le Directeur a expliqué, le fonctionnement de l’Institution et a rassuré les acteurs culturels des réformes majeures entreprises dans le secteur culturel.

« Nous avons fait un an et nous avons eu des résultats, mais cela ne veut pas dire que tout est parfait. Nous allons tenir compte des imperfections afin de nous corriger. Ce qui est fait n’est pas négligeable », a confié Gilbert Dèhou Malè, directeur général du Fac. Pour lui, le Fac est en d’opérer des réformes et il n’est pas possible de satisfaire tous les demandeurs. « Dans un pays comme le nôtre, nous ne pouvons pas être en train de mettre en œuvre des réformes et estimer que les gens soient satisfaits à 100%. Petit à petit, tout le monde va rentrer dans la barque. Aujourd’hui, les réformes sont en train de repositionner l’artiste », a-t-il précisé. Dans son intervention, le Dg n’a pas manqué de réagir par rapport aux mécontentements qui émanent du côté des acteurs culturels. En effet, ces derniers se plaignent du difficile accès au financement de l’Institution. Il y a d’autres qui fustigent une discrimination positive favorable aux femmes. « Dire que tout le monde n’a pas accès au financement, c’est normal et c’est ce qui est souhaitable. Ce n’est pas possible que tout le monde ait accès au financement », a-t-il fait remarquer.
L’objectif du Fac
Le Fac pourra atteindre ses objectifs au cours de cette année. Cela est une manière pour son directeur de rassurer du bon fonctionnement de ladite Institution. « En début d’année, la direction et les membres du conseil d’administration se sont réunis en session pour planifier tout ce qui doit se faire au cours de l’année. Nous nous sommes retrouvés et nous avons déjà fait la planification pour l’année 2020. Pour la nouvelle année, nous avons priorisé de projeter les activités retenues dans l’Aof. Au nombre de ces activités qui ne sont pas différentes de celles exécutées en 2019, nous avons fixé les grandes lignes. Cela relève de la compétence des membres du conseil d’administration », a expliqué le directeur, avant d’ajouter : « Pour chaque institution, lorsqu’il y a des activités qui ont été planifiées, il doit y avoir des indicateurs de performance. C’est la poursuite dans l’atteinte des objectifs qui fait les résultats. Déjà, le conseil a donné les grandes orientations et nous nous sommes fixés pour objectif, qu’à la fin de l’année en cours, d’avoir des acteurs culturels positionnés comme, de vrais acteurs de développement ». C’est, selon lui, l’objectif principal du Fac pour l’année en cours. A en croire le directeur, toutes les structures du Fonds des Arts et de la Culture fonctionnent comme cela se doit. « Désormais, l’artiste, le promoteur, l’acteur culturel n’est plus comme nous avions l’habitude de considérer, un citoyen abstreint à la mendicité, mais désormais comme un vrai acteur de développement. C’est pour cela qu’il sera question, désormais, de professionnaliser le milieu. C’est tout un ensemble et c’est un objectif que nous voulons atteindre », a indiqué Gilbert Dèhou Malè. Il est nécessaire, pour le Dg, d’opérer les changements de manière participative afin de permettre aux acteurs d’être bénéficiaire. « C’est pour cela qu’en 2019, nous avons fait le tour du Bénin pour expliquer la nouvelle vision du Fac aux acteurs culturels. Nous sommes partis de l’idée selon laquelle eux tous ne peuvent pas venir à Cotonou pour s’informer. Nous avons donc décidé de nous rapprocher d’eux. Au cours de cette tournée, tous les artistes n’étaient pas présents. Ceux qui se sont retrouvés, par accident, dans le secteur, auront du mal à suivre le train », a rappelé le directeur.
Par ailleurs, dans l’accomplissement de sa mission, le Fac dispose d’un conseil d’administration qui étudie le fond des dossiers déposés par les acteurs. En plus, le directeur appelle au porteur du projet, si son projet est soutenable, pour qu’il explique son projet, parce que, « étudier un projet sur papier et libérer les sous est facile. Il est important pour nous d’écouter l’intéressé et nous rassurer qu’il est vraiment le porteur du projet ». D’autres questions faisant objet de la gestion du Fac ont été abordées lors de cet entretien.

Participation de Sébastien Boko au “World Youth Forum” en Egypte

« Nous sommes tellement intelligents que nous ralentissons l’évolution de l’humanité »

Sébastien Boko, artiste sculpteur béninois

Après sa participation à la 8ème édition de “Inami international Wooden Sculpture” à Nanto City, au Japon, Sébastien Boko, artiste sculpteur béninois, a participé, du 1er au 18 décembre 2019, au “World Youth Forum” (Forum mondial des jeunes). Cet événement a eu lieu en Egypte et a réuni 50 sculpteurs venus de plusieurs pays du monde. Cette participation, pour l’artiste, est une motivation et une source d’inspiration de travailler sur son concept Guèlèdè. Il évoque, à travers cet entretien, l’importance et le rôle que le cœur doit jouer dans la vie de l’homme. Le cœur, symbole de la paix, doit écraser le mental et permettre une bonne évolution dans nos sociétés. A travers cet entretien, Sébastien Boko évoque sa joie de participation et n’a pas manqué d’interpeller la génération montante pour une prise de conscience.

Pendant trois semaines environ, vous êtes allé en Egypte. Dites-nous de quoi il s’agit.
Il s’agit “World Youth Forum”. C’est un événement organisé par l’Egypte et surtout un événement pour lequel le président égyptien tient à cœur. Parce qu’il s’est vraiment investi dans sa réalisation. C’est un forum énorme qui regroupe, non seulement les artistes, mais aussi des jeunes émergents dans diverses entreprises. Il y a des jeunes qui ont progressé dans la technologie, d’autres qui sont partis de rien pour arriver à devenir de grandes personnes. Il y a aussi des handicapés qui font des réalisations incroyables. C’est un forum qui permet aux participants de voir ce qui se passe dans les domaines de l’art et les nouvelles technologies qui se développent de nos jours, autour de la promotion des arts. Ce forum offre également des possibilités de pouvoir réussir. C’est un forum qui fait appel à toute la jeunesse du monde. Parce qu’il y a, presque tout le monde entier qui est représenté d’une manière ou d’une autre. Soit des étudiants ou des gens qui ont un niveau de professionnalisme et qui font des choses incroyables. L’architecture, le design et c’est énorme. Cela a connu près de 7 mille participants. C’est quelque chose qui est incroyable. Moi, j’ai eu la chance d’être sur cet événement en tant que sculpteur et nous étions 50 sculpteurs venus du monde entier.
Notre présence consiste à réaliser le monument mondial sur la paix. C’est une réalisation qui nous appelle, chacun, à réfléchir sur un cœur. Un cœur qui, non seulement, a un trait de notre culture et qui est aussi universel. C’est une réalisation qui va permettre à chacun de se retrouver.
En quoi votre participation a-t-elle consisté ?
Ma participation était pour représenter le Bénin comme d’autres sculpteurs présents qui représentent aussi leur pays respectif.
Qu’avez-vous réalisé dans ce cadre ?
Là-bas, le travail consiste à faire une œuvre qui symbolise le cœur et qu’il y ait une trace de notre culture, de l’universalité dans ce travail que nous faisons. Un travail qui permet à ce qu’un être humain, où qu’il soit dans le monde entier, puisse savoir que c’est un cœur, symbole de la paix. Un cœur qui parle à tout le monde. Pour cette réalisation, j’ai utilisé le concept du Guèlèdè. Au niveau de la tête de la masque Guèlèdè, j’ai surmonté un cœur. Ce cœur, écrase presque la tête. C’est une manière pour moi de dire qu’il est mieux d’utiliser notre cœur pour ressentir les choses et avoir plus d’émotions. L’humanité en a vraiment besoin. Si nous continuons tel que nous évoluons actuellement, c’est normal et c’est bien. Parfois, je dis que nous sommes tellement intelligents que nous ralentissons l’évolution de l’humanité. C’est une manière de dire que les choses vont empirer. Les humains iront à la catastrophe avant de vouloir se retourner. Mais cela serait dommage parce que le mal serait déjà commis et il serait difficile. Pour moi, il faudrait que le cœur écrase le mental. Parce que le mental capte les intérêts, la corruption et d’autres vices. Ainsi, nous passons loin des émotions. Nous devenons, en quelque sorte, des robots et c’est cela qu’il faut éviter. Si non, l’humanité perd son sens, en réalité.
Le concept sur lequel vous avez travaillé est-il nouveau pour vous ?
Non ! Dans mon travail intitulé Voile, ce sont des choses que ma réflexion me dévoile. Je trouve que c’est toujours dans ma logique, ma manière de voir les choses. Sur cette base-là, je vais encore réaliser des choses.

Sébastien Boko, artiste sculpteur béninois


Référant à votre vie d’artiste et votre environnement de vie, est-ce que cette réalité dont vous parlez est visible ?
Absolument ! les humains n’arrêtent jamais de se faire la guerre. Ils n’arrêtent jamais de se tromper, de faire des choses immondes. Donc, la réalité est là et même si tout monde fait semblant de ne pas voir. C’est pour cela que la thématique sur laquelle je fonctionne beaucoup, me plaît énormément. Pour moi, cela représente les humains, nous sommes voilés, masqués. Il y a un grand côté de nous qui est complètement noir. A chaque fois, chacun met son masque et il empêche à ce qu’on le voit vraiment. Nous ne sommes pas des saints, mais disons les choses telles qu’elles sont. Les humains seront saints, des gens honnêtes et bons. Des gens qui réfléchissent bien, qui feront les choses de façon normale et nous allons progresser énormément. Mais vers quoi progressons-nous ? Je trouve que l’humanité est en train de faire son évolution de façon tranquille. Nous évoluons dans le bon sens, vers la catastrophe, mais sans se plaindre.
Qu’est-ce que cette participation a changé de nouveau en vous ?
Ce n’est pas tous les jours que je participe à des événements. Ce sont des grands artistes venus du monde entier avec des différentes techniques de travail, c’est incroyable. Il fallait être là pour comprendre. L’on se rende compte qu’il reste beaucoup à apprendre. Du coup, si l’on est intelligent, l’on peut tirer le bon côté de l’Afrique et le travail s’améliore. Parmi les 50 sculpteurs, il y en a qui utilisent les verres, la pierre, le sable, le marbre, le granite et un peu de tout. C’était une belle expérience pour moi. C’est grâce à cet événement que j’ai touché, pour la première fois, la pierre. J’ai fait l’expérience de tailler la pierre. C’est un événement qui est bien organisé et nous étions dans de bonnes conditions. J’ai remarqué que le président égyptien a une grande vision globale des choses. Il est aussi important que la jeunesse du monde, en général, et celle de l’Afrique francophone, en particulier, comprenne que nous avons de grands défis. Parce que, sur ce forum, j’ai trouvé que la jeunesse francophone n’était vraiment pas représentée. Nous étions des jeunes francophones, mais nous n’étions pas représentés dans le sens où tout se passait en anglais. Même si l’on vient de la France, l’on devrait parler l’anglais. Cette jeunesse a un grand défi parce que nous devons parler l’anglais. Aujourd’hui, il faut que nous parvenions à parler deux langues : le français et l’anglais. Cela devrait être normal.
Pensez-vous que le Bénin peut abriter un tel événement ?
Ce n’est pas possible. Cet événement est d’une grande envergure. Cela pourrait être possible dans la mesure où nous avons des infrastructures, amis pas de cette envergure. Nous étions 5 mille ou 7 mille personnes venues un peu partout du monde entier. L’on ne peut pas imaginer, mais c’est la réalité. Il y a le transport et la logistique de même que les dispositifs sécuritaires qui y étaient.
Quel est votre mot de fin ?
Pour l’instant, je mets du sérieux dans ma carrière. Je sais exactement ce que je fais et j’ai ma vision du futur. J’essaie de travailler tous les jours pour atteindre mon objectif. J’ai envie de faire connaître mon pays au-delà des frontières et faire connaître mon travail aussi. Je pense que la jeunesse peut avoir cette envie d’apprendre, de connaître et de découvrir beaucoup plus.

Propos recueillis par Julien Tohoundjo

Exposition d’œuvres d’art à la résidence de l’Union européenne

Le public découvre deux sculpteurs béninois

Dans le cadre de la promotion culturelle au Bénin, la délégation de l’Union européenne au Bénin a accueilli, dans l’enceinte de sa résidence, une exposition d’œuvre d’art, de l’esprit. Le vernissage a réuni les amoureux de l’art autour des œuvres de sculpture et de peinture de Mydi et Calixte, dans la soirée du jeudi 6 février.

« L’art, c’est l’expression du vivant. Le contact avec l’art laisse très souvent une trace indélébile dans nos têtes et dans nos cœurs. Cela nous apaise, nous interpelle, nous stimule à vivre. L’art est magique et nous invite au rêve, à la découverte, au partage », a confié Véronique Janssen, chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne au Bénin. Dans son allocution, elle souligne l’importance de l’art parce que c’est un trait d’union entre les peuples. Cette exposition est une manière pour l’Union européenne de mettre en lumière les artistes et de faire la promotion de l’art.
Dans le cadre de cette exposition, les deux artistes ont présenté des œuvres de sculpture. Calixte Dakpogan, originaire de Porto-Novo, produit des œuvres composées d’éléments métalliques récupérés, soudés, assemblés pour donner forme à des figures anthropomorphiques. Par de simples et justes assemblages, les éléments utilisés prennent la forme de tête et de corps. Grâce au mixage des cultures africaines et occidentales, les créations de l’artiste témoignent d’une créativité contemporaine et d’une inventivité stupéfiante. Les différentes œuvres de l’artiste qui ont été exposées sont des réalisations des années 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019. Lycéenne, Pasteur, Miss Togo, le Repas, Ayekotoh, etc. sont quelques-unes des œuvres que l’artiste a exposées. Il est important de souligner que Calixte Dakpogan parle beaucoup plus de sa culture, son environnement, ses croyances et sa vision du monde.
De son côté, Yves Midahuen alias Midy, artiste plasticien béninois, a présenté des œuvres de sculpture sur bois. Ses œuvres sont plus intimes, plus attentives aux frémissements de son monde intérieur qu’aux bruits du monde. Le Vieillard assis, Le 1er cri, Le Trône, La Reine, L’entrée, etc. sont entre autres, quelques créations de l’artiste. Avec de “Matériaux mixtes”, il arrive à faire communiquer avec le bois et le jeans (un matériau omniprésent dans ses réalisations). Tout comme Calixte Dakpogan, les œuvres de Midy interpellent son visiteur à s’interroger sur l’homme.
Venu nombreux à ce vernissage, le public a découvert ces deux artistes plasticiens béninois. L’exposition est ouverte au public tous les mercredis de 14 heures à 17 heures, jusqu’au 8 avril 2020. Il suffit de prévenir la délégation au moins une journée à l’avance.

Par Julien Tohoundjo

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